La quête de Bouclette & Barbichette | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
En attendant Buenos Aires...
Dernier commentaire sur le Drôle de Monde...
J'ai copié les derniers articles de ton blog sur mon bureau, en espérant trouver le temps pour les lire à tête reposée et y mettre une petite touche écrite... Mais les jours passent, amenant avec eux gastro-entérites à Rota-virus, pleuro-pneumopathies, varicelles compliquées, bronchiolites à VRS, pyélonéphrites décapitées et le flot ininterrompu des parents angoissés-interrogatifs-chiants-rassurés-désespérés-compréhensifs mais sympathiques, pour la plupart.
Impossible de me remettre à écrire depuis le retour en France, il y a un frein à main bien serré sur mon inspiration, une espèce d'étau qui m'enserre le cerveau et m'empêche de revenir sur "tout ça"... Mais tout comme l'appétit vient en mangeant, j'ai l'impression que le fait de me plonger dans ton miroir uniterrien va me permettre, à moi aussi, de boucler la boucle...
Pour toi aussi, il aura fallu une maturation post-retour à la réalité-grosse claque dans ta gueule, des jours noirs, des moments difficiles, l'envie de gerber et ces larmes qui soulagent, ou pas. Je ne sais pas si tu en es totalement sorti, mais je trouve que tu te démerdes bien. T'avoir revu à Toulouse il y a quelques jours, le sac sur le dos et le pull en alpaca fièrement porté, si enthousiaste à l'idée de refaire la théorie de l'évolution à partir d'un pet de bactérie et de deux-trois virus, m'a confirmé que tu allais reprendre du poil de la bête et botter le cul à tes vieux démons... Ça prendra le temps qu'il faut, mais je ne suis pas inquiet. Puisse Mycobacterium ulcerans être avec toi, et avec votre esprit, Amen !
Pour le reste, ton bilan de voyage me fait vibrer : L’Argentine, le Chili, la Bolivie, Le Pérou... Tous ces kilomètres parcourus, ces visages croisés, ces sommets admirés. Ces kilos de arroz con pollo aussitôt avalés, aussitôt métabolisés en cacamou. Ces centaines de patients, le long du Río Ucayali et des ses méandres. Toute cette poussière avalée sur des pistes pourries, à cahoter des heures durant. Ces montagnes, merde, ces montagnes belles à en pleurer. Rien que d'en parler, je sens tout mon parenchyme cérébral qui s'excite, qui s’emballe doucement puis de plus en plus vite, les souvenirs surgissent devant mes yeux, sans contrôle, ça défile à toute vitesse, quel merdier, que c'était BON, nom d'un P'tit Mougin !!!
Alors, oui, vivement 2018 et notre virée andine, vivement le retour à Huaraz pour cette p... de Cordillera Huayhuash, vivement un petit jaune sur la Canebière ou un pisse-mémé Rue des Petites Maries... Merci encore pour ces 3 semaines intenses dans TA jungle, et cette soirée mythique dans les rues désertes de Requena, à discuter avec un Péruvien sourd-muet bourré... On remet ça quand tu veux !!!
Ton ami Barbichette (et sa Bouclette, ravie par avance - ou pas ? - de nous servir de cuisinière sur les routes chiliennes). Publié à 10:45, le 18 décembre 2011, Amérique du Sud Mots clefs : RDB, Roux-Du-Bouc, bilan, debriefing, retour, FIN Un dernier bout de voyage... au bout du monde ?J122 à J127, du samedi 08 au jeudi 13/10/2011. Le premier titre choisi pour cet article était : "Et on s'échoua là..." (Ushuaia). Puis on s'est dit que vous n'alliez pas comprendre, alors on a opté pour : "Au pays du shampoing, on préfère la douche !" (Les gels douches Tahiti ? Les shampoings Ushuaia ? Non ? Toujours pas ?). Pour finir on a voulu faire un jeu de mot avec Nicolas Hulot et les présidentielles, mais vu qu'il s'est fait botter les fesses par Eva Joly aux primaires, on a laissé tomber... Bref... Derniers jours avant le retour vers la capitale Buenos Aires. Derniers jours avant le retour en France. L'objectif du voyage est atteint. Rallier Ushuaia, la Terre de Feu, le "bout du monde". Ressentir un peu le frisson des explorateurs qui passèrent pour la première fois le Canal de Beagle, humer l'air austral, découvrir les dernières contrées avant le Cap Horn et l'Antartique. Ushuaia. On y est.
Sauf qu'Ushuaia n'est pas vraiment le bout du monde, ce n'est même pas le bout du continent (le Cap Horn est chilien) ni celui de l'Argentine (dont le point le plus austral est une île). Mais quand même, ça reste Ushuaia, un nom qui fait rêver (même si tu ne seras pas président, ni même candidat, on te doit bien ça, Nicolas H.) et une destination mythique pour les voyageurs en Amérique du Sud... À juste titre.
Pour y arriver, il aura toutefois fallu traverser un bout de Chili, prendre le ferry, passer de très longues heures dans le bus (partis de El Calafate à 3h du matin, nous sommes arrivés le soir à 23h30... Rude journée !), le tout sans passeport pour Bouclette.
Autant vous dire qu'on a serré les fesses et qu'on n'a pas fait les malins aux 2 postes-frontières de Monte Aymond et San Sebastián, surtout que les Chiliens sont réputés pour leur sévérité... Mais finalement tout s'est bien passé, le policier ayant en fait surtout bloqué sur la barbe profuse de David et sa ressemblance plus que douteuse avec la photo du passeport... Enfin posés à l'Hostal Patagonia Pais et après une nuit de sommeil de plomb, nous partons à la découverte d'Ushuaia. En elle-même, la ville n'est pas extraordinairement belle, loin s'en faut. Historiquement, c'est un grand port tout orienté vers le Canal de Beagle. Mais dès qu'on lève un peu les yeux, les montagnes environnantes enneigées se dressent de toute part, rappelant au voyageur que oui, ici aussi, c'est les Andes !!!
La belle chaîne de montagnes que nous suivons depuis le Pérou se termine ici, les pieds dans l'océan, protégeant de ses sommets les plaines de la Terre de Feu et assurant, grâce aux courants atlantiques, un climat clément et une végétation magnifique. Mais nous nous écartons du sujet...
Visite de Ushuaia donc, de son artère principale l'Avenida San Martin et son port qui, associée à la recherche des habituelles informations touristiques (le bateau, les bus, le kayak, le canoë, les randos, les lions de mer, les manchots, le Parque, le Glaciar, où, quand, comment...), nous épuise et nous contraint à reprendre des forces au café Ramos Generales, dont le chef pâtissier est français, tiens donc ! Indépendamment de tout chauvinisme, on recommande fortement le chocolat chaud et le café à la liqueur de dulce de leche !!!
Ce soir-là, nous voyons arriver à l'auberge Nadav et Hélène. Lui urbaniste israélien de 37 ans, également éternel étudiant (mais plus pour longtemps, ne reste qu'un mémoire, simple formalité n'est-ce pas Nadav ?), futur ébéniste (?), chauve du crâne et des mollets (oui, c'est possible !), cancre en arabe et meilleur élève en cocotaki (un jeu israélien, cherchez pas !). Elle, 28 printemps, fringante future maman de Poupik (surnom de son ventre de 25-26 semaines), interne de gynéco-obstétrique lyonnaise (Une chirugienne ! ... Personne n'est parfait...) bientôt thésée (ou pas...).
Hélène, Nadav et Poupik. Tous les deux ont un lourd passé de voyageur sac à dos ; leur rencontre en Turquie (et la suite) est d'ailleurs digne des meilleures comédies romantiques... Désormais jeunes mariés, ils terminent leur voyage de noces de 1 mois à travers le Chili (un peu) et l'Argentine (surtout). Le lendemain, nous partons pour 4 heures à bord du Tres Marias, tout petit bateau, 2 membres d'équipage (Pablo le capitaine et Mariano le guide, débitant 5 conneries à la minute) et 10 passagers.
La visite d'un petit segment du Canal de Beagle (qui passe entre l'Isla Grande del Tierra del Fuego et les îles de Navarino et Hoste) nous amène d'abord sur l'Isla Alicia ou Isla de Los Lobos, où squattent une belle colonie de lions de mer paresseux et quelques cormorans royaux (à crête).
On apprend par Mariano que les gros mâles (qui ont une sorte de crinière, d'où l'appelation de lion) peuvent ne manger qu'une fois par mois. Ils préfèrent en effet se faire dorer la pilule en surveillant leur harem de dames lionnes, de peur de s'en faire piquer une ou deux par le mâle voisin.
Puis direction l'Isla H (du fait de sa forme, 2 bras reliés par un isthme) qui servait de refuge pour le peuple Yamana ou Yaghan, groupe indigène décrit à tort par Darwin comme forme la plus primitive d'humanité. Ces Amérindiens qui vivaient quasiment nus, le corps enduit de graisse pour se protéger du froid, faisaient du feu sur leurs canoës et venaient se mettre à l'abri à terre quand il y avait trop de vent ou une mer trop démontée. Pour survivre dans de telles conditions, ils se nourrissaient de 8 à 10 mille calories par jour, plus que les actuels sumos japonais. Ne reste plus de cette ethnie qu'une représentante de sang pur à Villa Ukika.
L'isthme de l'île H.
Sur l'Isla H, une colonie de cormorans des rochers en pleine saison des amours s'offre à notre curiosité.
Le retour se fait sous un bon vent frais (vent du matin...), et la fidèle casquette de Barbichette flotte désormais entre deux eaux dans le Canal de Beagle...
L'après-midi nous décidons, après avoir consulté plusieurs agences, de laisser tomber kayak et canoë : coût trop cher ou durée trop courte au milieu d'un tour organisé, voir carrément dangereux vu la météo qui annonce trop de vent pour envisager toute sortie en mer... Le lendemain, nous retrouvons Hélène et Nadav pour une journée de randonnée dans le Parque Nacional Tierra Del Fuego, par un temps magnifique qui nous fait rapidement oublier le racket organisé (digne de la mafia) pour y accéder (cf. Article précédent, sans compter le bus). Juste splendide, rien à dire de plus.
Les paysages côtiers sont somptueux, nous en oublions que nous sommes à Ushuaia tant ils ressemblent par endroit à ceux que l'on peut observer au bord de lacs de montagnes.
À l'inverse des steppes patagonnes plus au nord, la végétation est profuse, la faune l'est tout autant (lapins européens, oiseaux en tout genre, lions de mer...), le petit vent souffle juste ce qu'il faut sous ce soleil de printemps austral... Nous sommes bien, le retour en France semble loin...
À journée parfaite, soirée parfaite, à cuisiner à 8 mains un délicieux filet de bœuf aux champignons accompagné d'une ratatouille et d'une purée maison et, en dessert, ... une mousse au chocolat (blancs montés à la fourchette par Barbichette s'il vous plaît) !!!
Mercredi, nous optons pour le sentier côtier atlantique qui longe la Playa Larga, où les habitants viennent en masse le week-end pour camper autour d'un asado. Plus loin le sentier se perd en forêt, desservant de petites aires de camping sauvage ici et là, puis émerge un peu plus loin au milieu d'un troupeau de vaches australes avant de continuer ainsi sur des kilomètres, potentiellement 2 jours de ballade jusqu'à l'Estancia Harberton.
Seuls au monde ou presque, nous profitons de beaux points de vue sur le canal et la baie d'Ushuaia ainsi que sur les ultimes sommets andins, en face, côté chilien.
Retour sous un vent à décorner les bœufs, ce qui semble ravir les mouettes espiègles et notre nouveau copain à poil (encore un, cette fois un jeune bâtard à moitié fou qui a manqué mourir écrasé au moins 3 fois en l'espace d'une heure).
La fin de soirée se déroule, une fois n'est pas coutume mais presque, autour d'un jeu de cartes (on a joué... au barbu !). Dernier jour... Nous montons enfin au mirador naturel qu'est le Glaciar Martial (du nom d'un explorateur français). Une promenade digestive d'une petite heure qui nous amène, les pieds dans la neige, jusqu'à un chouette point de vue panoramique sur la baie.
Puis nous glandouillons studieusement dans les canapés (après avoir découvert deux magazines intellectuels en français sur la table basse : "Oops" et "Voici"), en attendant l'heure du départ pour l'aéroport et l'avion qui nous ramène à Buenos Aires. À noter l'efficacité du personnel dudit aéroport, qui nous propose de prendre le vol précédent puisque nous sommes dans les temps : 30 minutes entre le passage de la porte de l'aéroport et le décollage, enregistrement, contrôle de police et embarquement inclus... Imbattable ! Buenos Aires, nous voilà !!! Publié à 14:30, le 24 octobre 2011, Ushuaïa Mots clefs : Ushuaia, Terre de Feu, Glaciar Martial, lion de mer, Tres Marias, cormorans, Hélène, Nadav, Fin Del Mundo, frontière, Chili On a trouvé l'usine Miko !!!J117 à J121, de lundi 03 à vendredi 07 Octobre 2011. Ça y est, nous voici à El Calafate, après plus d'une journée de bus et une escale épique à Río Gallegos (impossible de payer les billets de bus par carte, plus assez de liquide, et comme partout ailleurs en Argentine le dimanche, plus un sous dans les distributeurs... La cinquième banque sera la bonne, ouf !). Nous avons opté pour l'hostal I Keu Ken, conseillé par Guillaume et par Lonely-notre-meilleur-ami, et nous ne sommes pas déçus. Le couple de jeunes gérants, atypique, est tout simplement attachant. Lui géant barbu blond d'origine allemande, ancien berger à la voix tonitruante, portant des gilets de laine taille XXXXL et des pantoufles du même matériau taille 48 au minimum. Elle charmante petite brunette aux jolies formes, frange nette au milieu du front, doudoune rouge pétant en cas de grand froid, répliques tirées à la mitraillette et charme hispanique incarné. Attachants, on vous dit.
Tous deux ont monté leur petite affaire, l'auberge de jeunesse I Keu Ken, le paradis du voyageur sac au dos, définitivement le meilleur hostal où nous ayons séjourné en Argentine. Imaginez une grande bicoque aux murs jaunes et au toit vert, clôturée de gros rondins, deux gros chiens ronflant inutilement sur la terrasse patinée par le temps, un mouton-tondeuse attaché au pied du barbecue qui déguste paisiblement la pelouse du jardin.
Le mouton chien, qui bêle à votre passage et s'étire après la sieste.
Passé la porte vitrée et sa poignée récalcitrante, une spacieuse salle commune boisée, un grand canapé recouvert d'un plaid sur lequel sont cousus en patchwork des caleçons et des culottes, une cheminée dans l'angle, des vieux meubles qui craquent, et la meilleure playlist de musique de tout le continent sud-américain, internationale s'il vous plaît pour contenter tous les convives (du Gainsbourg au petit déjeuner, les yeux perdus dans la contemplation béate du Lago Argentino, ça n'a pas de prix...).
Sur le mur, la devise de la maison (de mémoire) : "vous êtes partis de chez vous depuis un peu de temps, quelque temps ou bien trop longtemps, nous voulons que cet endroit soit votre maison loin de la maison"... Tout est dit. Arrivés de nuit, en plein milieu d'un énorme asado (pour les non initiés, c'est le barbecue argentin) organisé à l'auberge, nous ne nous bousculons pas le lendemain matin, et n'émergeons que pour aller nous gaver de pain grillé recouvert de dulce de leche.
On pourrait en dire des tartines (!) sur la dulce de leche, véritable institution en Argentine au même titre que le tango ou la viande rouge... Mais tout ce qu'il y a à savoir sur la confiture de lait, c'est que c'est salement bon, Roux-Du-Bouc ne nous contredira pas là-dessus !!! Ainsi satisfaits, nous partons visiter El Calafate et les abords du lac, qui nous narguent depuis la baie vitrée de l'auberge depuis le lever du soleil (pas de télé ici, le canapé fait directement face à la fenêtre et au spectacle quotidien).
La ville en elle-même est sans grand intérêt, sinon quelques maisons charmantes aux toits de tôles ondulées, peintes de couleurs vives. El Calafate possède surtout une grande avenue commerçante et surtout touristique, afin de combler au mieux les nombreux visiteurs qui se pressent pour venir voir le glacier Perito Moreno, qui se jette dans le Lago Argentino à quelques 80 km de là...
Un asado dans une parilla d'El Calafate... Mais pour l'heure, nous n'en sommes qu'à contempler les berges dudit lac et la petite Laguna Nimez, réserve ornithologique et splendide exemple de l'inflation argentine galopante (ou simplement de la volonté à peine dissimulée de traire la vaca de leche qu'est le touriste) : prix d'entrée multiplié par 10 par rapport à 2010, rien que ça ! Nous observons donc les oiseaux depuis l'extérieur de la réserve, et sur les bords du lac où ils se concentrent aussi en nombre, flamands roses inclus.
Le lendemain, rien de très original, on fait comme tout le monde à El Calafate : on va voir le Glacier (avec majuscule svp !). Au même titre qu'on a FAIT le Machu Picchu au Pérou et le Tour du Sud-Lípez en Bolivie, on va FAIRE le Perito Moreno...
Et quand on FAIT un truc, en général, on taxe (exception faite de la Bolivie, où les prix sont dérisoires) !! En effet, 100 pesos l'entrée au Parque Nacional Los Glaciares zone sud (contre 15 pour les Argentins, et tout en sachant que la zone nord est, ô surprise, gratuite... Ben oui, pour aller randonner, ça se bouscule moins...), ça n'est pas donné. Ce sera notre grande amertume en Argentine, se faire racketter ainsi pour entrer dans les parcs nationaux (certes, c'est pour l'entretien et la préservation des sites, blablabla, mais alors pourquoi c'est pas pour tout le monde pareil, pourquoi ça flambe d'une année sur l'autre, pourquoi ça prend 25 à 50 % en "saison" ?) : Aconcagua (gratuit à notre passage car personne n'y randonne ou presque en hiver, mais sinon hors de prix !!), Península Valdés, Parque Los Glaciares, Parque Tierra Del Fuego...
Comme dirait les Inconnus : "qui que tu sois, quoi que tu fasses, faut qu'tu craches, faut qu'tu payes, pas possible que t'en réchappes...".
Passée cette petite flambée revendicatrice anticonsumériste, il est forcé d'avouer que ce glacier est une merveille de la nature : 30 km de long, 5 km de large, 60 m de haut, considéré comme stable car étant un des seuls au monde à ne pas reculer.
La promenade depuis les passerelles est impressionnante, permettant de ressentir la puissance de la masse en mouvement, d'entendre les craquements de la glace, de voir (et d'ouïr) les blocs qui tombent dans le lac.
Les bruits produits rappellent tantôt le tonnerre, tantôt des coups de fusil, faisant réaliser que même les blocs les plus petits (question de perspective depuis les passerelles) mesurent en réalité plusieurs mètres...
On a la chance de voir un énorme amas de glace tomber devant nous depuis le sommet du glacier, déclenchant dans un même temps un mini-tsunami et les gesticulations hystériques d'une photographe nipponne au bord de l'attaque d'apoplexie... Un moment jubilatoire, malheureusement non filmé... En prolongeant un peu la ballade, le lac s'offre à nous, entouré de ses montagnes et baignant ses petits icebergs rien que pour nos yeux ébahis... Allez, pas chiens, on vous en fait profiter aussi !
Et au fait les copains, pour la festouille de retour, on s'occupe des glaçons !!!
À peine remis de nos émotions et après une courte nuit de sommeil à I Keu Ken, nous prenons le bus pour El Chalten, petit pueblo à 3h30 de El Calafate et Mecque internationale des randonneurs et des grimpeurs, au pied du massif du Fitz Roy.
Ce sommet mythique est réputé par sa fâcheuse tendance à se faire désirer, et nombre d'alpinistes ont attendu des jours au camp de base dans pouvoir l'approcher (cf. Le Pôle Intérieur, récit autobiographique de Jean-Louis Étienne, médecin explorateur et premier à avoir atteint le pôle Nord à pied), le géant restant inaccessible au milieu des nuages. Nous ne venons pas l'escalader, et c'est peut-être pour cela qu'il nous donnera brièvement le droit de le contempler, entre deux pans de brume.
Nous ne le savons pas encore mais nous ne reverrons pas le Fitz Roy de nos deux jours à El Chalten... Exhaltés par cette vision, nous grimpons en guise d'échauffement et en deux temps trois mouvements le Mirador de Los Cóndores, afin de profiter de la vue sur El Chalten et les montagnes environnantes.
Malheureusement, les condors qui d'habitude tournoient autour du sommet, à la hauteur du randonneur, font la gueule et nous narguent depuis la cime voisine... Notre randonnée se poursuit par le chemin en pente douce vers le Lago Torre, au pied du Cerro du même nom.
Promenade pas désagréable, émaillée de paysages de forêts dévastées (par quoi ?) et de belles vues sur la pointe acérée entre deux nuages.
Nous poussons jusqu'au Mirador Maestri afin de contempler le Glaciar Grande, puis achevons notre journée au Campamento De Agostini.
Nos voisins couchés comme les poules à 19h, nous passons la soirée à nous remémorer nos meilleurs souvenirs, nos plus belles rencontres, etc... Bilan éminemment positif, qui nous fait réaliser tout le chemin parcouru en 4 mois...
Miam, un bon petit porridge sous la pluie pour bien commencer la journée !! Le jour suivant s'écoule dans la grisaille et sous la pluie, 5 heures pour rallier les Lagunas Madre et Hija, puis la Laguna Capri.
Couleurs mélancoliques, points de vue aussi panoramiques qu'un cul de sac un soir d'hiver, horizon franchement grisouille, marche silencieuse et pieds mouillés. Et une belle gamelle dans la bouillasse pour Boulette, 30 mètres avant le panneau signalant la fin du chemin.
Après une longue attente pour le bus de retour vers El Calafate, à mariner dans nos godasses, la perspective de reprendre le bus à 3h du matin pour Ushuaia ne nous enchante pas vraiment... Bien nous en prend car à l'arrivée à la maison du bonheur, le berger géant nous accueille d'un sonore "¿¡Todo bien!?" avant de nous installer au bout de la table : ce soir encore, c'est ASADO !!!
Une soirée en apothéose, à se faire péter la panse avec du boeuf, du boudin, du boeuf, des saucisses, du boeuf, du poulet... et du boeuf ! Le tout arrosé de bière artisanale et de vin argentin servi dans des petits pichets kitchissimes en forme de pingouins (non, n'insistez pas, nous n'en ramènerons pas !), et à volonté bien sûr !!! De belles rencontres soldent cette petite semaine à El Calafate, Romain et Hélène, Tanguy et Livia, Julien et Stéphanie, Julien et Manu, et enfin Nadav, Hélène et Poupik que nous ne quitterons plus jusqu'à Buenos Aires... Une petite dernière pour la route...
Publié à 19:45, le 18 octobre 2011, El Calafate Mots clefs : mouton-chien, Cerro Torre, Cerro Fitz Roy, I Keu Ken, asado, Glaciar Perito Moreno, El Chalten, El Calafate { Page précédente } { Page 1 sur 13 } { Page suivante } |
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